Catégorie : Recherche et création

RECHERCHE – Observation du vivant suspendue pendant le confinement

En ces temps de confinement, il est impossible de relever et d’observer le vivant. L’ensemencement des boulets à également été mise en pause.

Sauve qui peut … les boulets rejoignent leur position juste à temps…

Quelques jours avant le début du confinement, l’équipe de TANGIBLE a pu procéder à la sortie des boulets du cœur de l’usine, première étape nécessaire à leur ensemencement.

… MAIS UN ENSEMENCEMENT DÉCALÉ JUSQU’À NOUVEL ORDRE.

Pour la suite du processus, il va falloir être patient, les mousses qui avaient été isolées et préparées pour être semées sur les boulets ne pourront pas être utilisées à temps et seront probablement perdues. Cependant, nous comptons sur nos veilleurs discrets pour observer la croissance du vivant dans la centrale en attendant notre retour espéré mi-juin.

… EN ATTENDANT bien loin de la centrale

Les TANGIBLE dispersés et isolés, n’en restent pas là ! Des tentatives concertées d’ensemencement d’objet métalliques éclosent ça et là. Des mousses prélevées sur des cuves sont réduites en broyat puis déposées et fixées à l’aide de toiles d’araignées sur des boules de pétanques.

RECHERCHE – Inventaires des écosystèmes en collaboration avec des chercheurs du Muséum National d’Histoire Naturelle – sept. 2019

En arpentant l’ancien bloc-usine, à l’arrêt depuis 2015, TANGIBLE a pu constater la présence de mousses, de fougères et l’apparition de traces animales.
Soucieuse de comprendre l’action du vivant sur le démantèlement de la centrale, TANGIBLE a invité plusieurs chercheurs et naturalistes pour faire l’inventaire du vivant dans le lieu.

Un terrain de recherche hors norme

Sébastien Leblond et Caroline Meyer

Après un premier échange avec Xavier Japiot, naturaliste, rencontré au Musée de la chasse et de la nature dans le cadre d’un séminaire. TANGIBLE a invité les chercheurs Sébastien Leblond et Caroline Meyer, spécialistes des mousses et des lichens au Muséum National d’Histoire Naturelle à investir l’ancienne usine à charbon pour effectuer des relevés et y développer l’étude des écosytèmes présents.
Explorer le bloc usine de la centrale en démantèlement offre un cadre d’investigation inhabituel pour l’étude de la re-colonisation d’un milieu vierge par les végétaux. Cette collaboration apportera des réponses scientifiques sur les mécanismes de développement des mousses sur des substrats métalliques, sujet peu étudié. TANGIBLE a donc souhaité travailler avec les 2 chercheurs sur la colonisation du métal rouillé par le vivant.

Pierre Noël

Une étude expérimentale sur l’ensemencement et la croissance de mousses sur des boulets en acier débutera en octobre 2019. Cette étude a pour objectifs de développer une méthodologie de culture de mousses sur des surfaces rouillées et de comprendre les mécanismes et les facteurs
impliqués dans la croissance des mousses. Outre l’apport scientifique du projet, celui-ci favorisera l’utilisation des mousses dans le monde de l’art et fera découvrir au public l’émerveillement de la naissance d’un nouvel écosystème.

Christine Rollard

Pour l’occasion, le laboratoire de chimie de la centrale sera remis en fonctionnement et nous servira de support de mise en scène pour regarder le vivant de près et l’accompagner dans son développement et son chemin de mutation. C’est Pierre Noël, naturaliste et spécialiste des crustacés d’eau douce, qui guidera l’équipe pour les mises en culture au sein du laboratoire réhabilité.

Concernant les espèces animales, Christine Rollard, spécialiste des araignées a rejoint l’équipe.

Qui vit et se développe dans la centrale ?

Quatre espèces différentes d’araignée ont été déjà répertoriées. Deux espèces de pholques avec leur toile en nappes caractéristique dont une du groupe des tégénaires dont la toile est prolongée par un entonnoir qui se loge plutôt dans les angles. Belle trouvaille de ces recherches une ponte de zoropse à pattes épineuses qui est une espèce sans toile. Ont également été identifiées également des opilions, un autre arachnide communément appelé « faucheux » . Selon Christine Rollard, les araignées sont les premières à avoir colonisé la centrale et c’est par l’accumulation des graines qui se logent dans leurs toiles que l’ensemencement des sols débute.

L’apparition de fougères, scolopendres, ainsi que des tardigrades (animal unicellulaire), repérés par Pierre Noël, et plusieurs autres cyanobactéries, comme les nostocs qui se développent dans les mousses à été observée. Ces organismes témoignent d’une trame verte qui arrive à prendre possession de l’intérieur de la centrale. On peut donc observer un cycle se mettre en place dans une échelle de temps concomitante à celle du démantèlement. Il s’agit de mener une étude sur le développement du vivant dans cet espace intermédiaire et normalement inadapté à devenir un abri-gîte pour ces espèces.

RECHERCHE – Le végétal au coeur de l’ancienne centrale EDF à Vitry-sur-Seine – avril 2019

Pour TANGIBLE, la place du végétal sur le site de l’ancienne centrale EDF est au cœur du projet Points de vue (2018-2020).

Les actions en 2018

Depuis 2018, les archéographes ont pu observer, récolter et accompagner le développement de ce nouvel écosystème en germe depuis la fermeture industrielle du site. Lors des visites archéographiques de juin 2018 dans le parc à charbon, les archéographes ont rendu le public parti prenante de la pérennité symbolique et esthétique de cet écosystème naissant, en observant les diverses espèces végétales présentes sur le site et également et en semant de manière éparse quelques graines des espèces identifiées, scellant ainsi l’engagement du site à se renouveler. La recherche artistique menée sur le site d’avril à octobre 2018 amènera TANGIBLE a célébrer le retour du végétal dans le parc à charbon, propagation d’une nouvelle énergie.

Retour en images sur ces plantes à haut potentiel de transformation
revoir Transformateur ici

La recherche artistique en 2019 

Depuis janvier 2019, c’est le corps de l’usine qui devient le terrain de création de TANGIBLE. C’est à travers une des fictions documentaires (baptisées les Mues, dont le tournage débutera en mai 2019) que le végétal est de nouveau mis à l’honneur cette année. Le travail d’inventaire des populations végétales actrices de la mutation du lieu se poursuit.

Cette mue étudie l’action des plantes et des mousses sur la transformation du site et la possibilité d’une coopération humaine et végétale pour participer au démantèlement de la centrale. Il s’agit donc d’un acte de végétalisation.

Des pièces emblématiques de la transformation du charbon en énergie – les boulets des broyeurs à charbon – seront le support de cette végétalisation qui activera le processus de leur décomposition. Avec l’appui de paysagistes, d’ethnobotanistes et d’éthologues, TANGIBLE souhaite inverser le point de vue sur l’usine pour la regarder à travers les « pores » du végétal ou de l’animal et de leurs actions respectives.

Egalement accompagnée par des spécialistes des bryophytes du Muséum National d’Histoire Naturelle, l’équipe artistique recouvrira les boulets de différents mélanges organiques afin d’étudier l’action chimique des mousses et lichens sur le métal et la possibilité de s’y développer. Pour l’occasion, le laboratoire de chimie de la centrale sera remis en fonctionnement et servira de support de mise en scène pour regarder le vivant de près et l’accompagner dans son développement et son chemin de mutation.

RECHERCHE – Les mues – mise en oeuvre de gestes rituels – corps de l’ancienne centrale EDF à Vitry-sur-Seine – janv. 2019

TANGIBLE poursuit sa résidence de création au cœur de l’ancienne centrale EDF de Vitry-sur-Seine. Depuis Janvier 2019, elle investit le bloc usine et commence son dialogue avec les imposantes machines de la centrale.


Ce dialogue entre l’équipe de TANGIBLE et la Centrale soulève la question du vivant (végétal et animal) qui commence tout naturellement à ré-investir l’espace et enclencher la mutation du site. Cela amènent les artistes à penser la création de gestes rituels qui seront déclinés et exposés par des fictions documentaires : Les Mues.

Pourquoi la mue ? Le terme mue nous évoque la fragilité et la globalité de l’espace du vivant sur la planète, comme une peau. Qu’elle soit humus, plantes ou bactéries, elle est le support et la condition de toute société, humaine, végétale et animale. Nous cherchons donc ici à considérer le vivant comme un écosystème global, reliant le destin de chaque vie à celle des autres. Chaque mue va ainsi traduire, pour chaque objet ou chaque situation décrite ci-dessous, un potentiel de transformation : décomposition, dissolution voire métamorphose.

Jungles du Douanier Rousseau, ombres chinoises, végétalisation des machines, création d’un “espace d’air pur”, transformation des tableaux de commandes constituent les premiers gestes imaginés par TANGIBLE pour les mues.

RÉSIDENCE – Points de vue – Premier Pivot – Transformateur – mars à oct. 2018

POUR LA PREMIÈRE ANNÉE DE POINTS DE VUE (2018), DIX ARCHÉOGRAPHES ONT INVESTI LES PARCS À CHARBON DE LA CENTRALE EDF DES ARDOINES À VITRY-SUR-SEINE (94). HUIT MOIS DE RÉSIDENCE AU TOTAL POUR DONNER VIE À UN PARCOURS ARTISTIQUE BAPTISÉ TRANSFORMATEUR. RETOUR EN IMAGES SUR LES DERNIERS TEMPS DE RÉSIDENCE.

EXPLORATION – du corps de l’usine à Vitry-sur-Seine – avril 2018

L’ancienne centrale thermique à charbon EDF de Vitry-sur-Seine (94), fermée depuis avril 2015, entame son long démantèlement. Les archéographes de Tangible se sont rendus à l’intérieur pour une visite exceptionnelle de ses entrailles ! Guidés par un des maîtres des lieux, Nabil Aouit, électricien et d’anciens ouvriers, messieurs Miel, Percheron, Mengual et Gazo, le moment a été consacré au partage et à la transmission.

Tuyaux entremêlés, jeux de commandes, pièces et boulons en tout genre… sont autant d’éléments qui constituaient les organes vitaux de l’usine, nécessaires à sa production électrique.

Cette exploration du corps de l’usine a aussi été l’occasion d’un repérage d’objets importants, que les anciens ouvriers ont pointé et qui portent encore la mémoire des gestes des différents corps de métier à l’oeuvre dans la centrale.

EXPLORATION – Préfiguration du projet “Points de vue” sur le site de la roue-pelle à Vitry-sur-Seine – nov. 2017

Du 8 au 16 novembre 2017, les archéographes de TANGIBLE accompagnent de jeunes vitriots sur le site de la roue-pelle Seine à Vitry-sur-Seine (94) pour une exploration  archéographique, sonore et visuelle.

Premier signe apparent de la destruction de l’usine EDF de Vitry-sur-seine, le démantèlement de la roue-pelle est un symbole fort des mutations urbaines, sociales et culturelles.

Deux explorations-performances ont eu lieu sur le site qui font suite aux parcours artistiques et aux films réalisés avec ces jeunes vitriots en 2016. Elles ont été créées partir des éléments par les jeunes. Elles relient l’histoire de la ville à son devenir sur le site emblématique de la roue-pelle Seine aujourd’hui démantelée.

Il s’agit lors de ces explorations-performances de consigner une mémoire subjective et vivante du site et de sa fonction. Les jeunes archéographes en enregistrent la trace, par le regard sur l’espace, un travail d’empreinte corporelle, et la captation sonore du paysage et des éléments qui vont disparaitre.

L’arbre archéographique

L’archéographe, artiste piocheur

C’est en s’inspirant de nombreuses sciences, des plus concrètes aux plus ésotériques que l’archéographe a mis au point sa pratique de l’archéographie.
Si de prime abord, l’archéographie semble emprunter à l’archéologie, elle se nourrit également d’une multitude de techniques et pratiques.
Reprenant les notions de mesure que l’on retrouve dans de nombreuses disciplines, l’archéographie choisi de s’emparer de la mesure sensible d’un espace, d’un milieu et en reçoit les différentes échelles, dimensions et vibrations à travers un outils privilégié et évident : le corps. Ainsi, l’archéographe tente de rendre tangible des mesures invisibles, impalpables, invariables ou relatives.

L’arbre archéographique

© photo : Antoine Dumont ; montage : Gilles Vérant

L’arbre archéographique est né lors du projet Open Sources, à Buc en 2016, où TANGIBLE était en résidence pour accompagner la réouverture partielle de la rivière de la Bièvre. En fin de parcours, se trouvait cet arbre séché planté dans le sol, portant des étiquettes aux noms de métiers divers et variés.
Scientifiques et spécialistes en tout genre, entre sciences molles et sciences dures, viennent habiter l’arbre archéographique. Ainsi présentée, cette généalogie éclectique nous permet d’imaginer la multitude d’inspirations qui guide le travail des archéographes. Elle est essentielle pour comprendre d’où vient l’archéographie.

Du géodésien au sociologue

Si l’archéographe ne s’emploie pas à mesurer les mêmes objets que ses voisins mesureurs (archéologue, métreur, géodésien…), il y pioche tout de même son inspiration. Entre sciences dites dures et molles, l’archéographe s’inspire, joue, déforme et réinterprète par le sensible. Quand le géographe travaille avec des cartes de porosité, l’archéographe s’en inspire et son corps devient ce curseur de porosité. A la manière de l’arpenteur, il marche pour expérimenter. Et comme le sourcier, il a appris à repérer dans la ville bétonnée où coulait jadis la Bièvre. Et ainsi de suite.

EnregistrerEnregistrer